Notre Mère-Nature intérieure

« L’observation attentive du monde végétal, de son organisation et de sa croissance, nous donne une notion d’ordre et de régularité. Celle-ci, à son tour, nous procure un sentiment de sécurité et d’orientation. La connaissance instinctive profonde du règne végétal qui se transforme sans cesse au cours des saisons, de la mort et du renouveau de la nature, rassure également l’homme quant à sa propre vie végétative. Il va ainsi se rendre compte que la croissance de ce qui est en voie de formation exige de la patience, du calme et un espace protégé. Ceux qui sont familiers des choses de la nature ne montrent ni hâte, ni impatience, durant une genèse, qu’il s’agisse d’un travail de création ou du renouvellement de la vision du monde, ou encore d’une analyse ou d’une gestation. Ils vont se vouer avec patience et attention à cette évolution. 

Beaucoup de gens qui recherchent de l’aide souffrent d’un trouble de la relation primordiale, d’une difficulté dans la relation mère-enfant, qui remonte très loin, peut-être déjà à la grossesse. Pourtant c’est la mère, qui représente le premier modèle de contact avec le monde, elle est le monde pour l’enfant. (…)

La méconnaissance et le désintérêt des cycles de la nature, auxquels appartiennent naturellement aussi la course du soleil, de la lune et les positions des étoiles, me paraissent produire un effet très négatif sur la confiance primordiale qu’une personne a en sa vie sur terre. Ne semble-t-il pas tout à fait évident qu’un enfant apprenne, comme base de vie, à observer et à connaître son corps et son monde environnant, les plantes et les animaux de son pays, avant de passer à des connaissances abstraites et techniques? 

Je suis d’avis qu’il ne suffit pas d’aimer son enfant, de la nourrir et de le protéger. Une bonne mère (ou un bon père), doit familiariser son enfant avec l’existence extérieure et l’existence intérieure de «mère Nature». Il y a des choses qu’un enfant ne pourra jamais apprendre à l’école, comme par exemple la confiance que l’on peut avoir en sa propre âme et son propre corps: ces notions lui sont transmises par l’exemple de la vie quotidienne de ses parents. 

Si le corps est déprécié, on constate également que l’esprit s’élève de manière malsaine au-dessus des limitations de sa condition humaine. Les imaginations débridées ou les envols de l’esprit s’observent sous diverses formes; drogues, alcool, fuites divers… C’est pourquoi, dans un traitement thérapeutique, ni le corps en tant que support matériel de notre personnalité, ni le monde environnant ne doivent être négligés, sans quoi il existe le danger d’une scission entre le monde abstrait de la pensée et le monde matériel. »  (Ruth Ammann)

 

La relation primordiale, la mère, la Terre-Mère, la relation au corps et à la nature, les racines et la sécurité.  On parle bien de la Lune ici.  🙂

 

Source :  Ruth Ammann. Le jeu de sable: une thérapie par la créativité,Georg Editeur, 1999.

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